Le peintre et la mer
Si un mot un seul devait caractériser Jean-Claude VIOLA, ce serait
la mer qu'il n' a jamais quittée. C'est d'abord elle qui l'a vu naître
à Hammam-Lif en Tunisie en février 1945. C'est encore elle qui l'a vu
grandir et voler de ses propres ailes dans les étapes importantes de sa
vie à Hammam-Lif, Marseille, Brest et La Clisse.
Aujourd'hui
c'est encore la mer qui l'inspire depuis qu'il est installé en
Charente-Maritime. Tout petit déjà en Tunisie, il peignait, dessinait
et décorait des meubles. A l'école, on avait remarqué qu'il se
débrouillait bien. Ses parents ne l'ont pas particulièrement poussé
dans cette voie, et il ne l'a pas approfondie non plus à l'époque.
Les
études n'étant pas sa priorité, à Marseille, il va exercer divers
métiers résolument non artistiques, menuisier, électricien,
électro-bobineur, dépanneur en électroménager. Mais déjà il fréquente
les peintres qui exercent leurs talents pour les touristes sur le vieux
port à Marseille. Il en a assez du train-train quotidien et décide de
partir et se fait embaucher à Libreveille au Gabon. Ce sera un échec,
trop jeune et pas assez d'expérience.
Retour à la case départ à
Marseille et voilà l'opportunité tant recherchée : en 1969, il est
embauché pour travailler en déplacement et installer des centraux
téléphoniques dans toute la France et à l'étranger. Il fera notamment
un séjour à Beyrouth au Liban, une étape importante de sa vie. Il
voyagera pendant douze années, habitera sept ans en caravane, une
période pendant laquelle il fera énormément de photos de paysages et
peindra un peu.
En 1981, il s'installe à Ploudalmézeau, près de
Brest, ouvre son premier magasin de chaussures qu'il développe ; deux
autres suivront. Ce seront des années de grande activité et pendant
cette période, il commencera à réaliser ses premiers tableaux. Mais
cette charge de travail étant trop prenante, il décide une fois de plus
de changer de métier et vend tout. Après une formation dans différents
restaurants, il décide de partir et s'installe en Charente-Maritime.
En
1993, c'est à La Clisse qu'il monte une crêperie avec gîte et chambre
d'hôte. A cette époque sa passion de la peinture ne l'a pas quitté et
il expose ses tableaux, comme ça, pour décorer son restaurant ; d'abord
ce sont des clients qui lui ont demandé d'acheter ses toiles, ensuite
il a rencontré un groupe de peintres avec qui il s’est perfectionné et
a acquis une plus grande maîtrise de son art. Ses oeuvres se vendent si
bien que c'est la nuit après le service à des heures tardives,
souvent jusqu'à deux ou trois heures du matin, qu'il peint, accroche
ses toiles, et les vend parfois alors que la peinture n'est pas
encore sèche. Il aura une production intense, et ce sera le déclic, il
ne fera que cela : peindre.
A nouveau il vend tout et
s'installe comme artiste peintre. Il vend ses toiles sur les marchés de
jour et de nuit aux touristes, réalise diverses expositions, et expose
en saison dans des galeries. Après trois autres déménagements, il
trouve enfin le bâtiment de ses rêves, il rachète en bord de route une
ancienne brocante qu'il va transformer en salle d'expo avec un atelier
plein sud.
Désormais Jean-Claude VIOLA reste discret mais il
connaît le grand luxe de vivre de sa passion. Pour réaliser ses toiles,
qu'elles soient petites ou grandes, il navigue entre la
Charente-Maritime et la Bretagne et s'inspire des paysages rencontrés
au gré de ses voyages en camping-car en France, en Espagne, au Maroc.
Ses tableaux représentent des ports, des bords de mer, des marchés, des
villages, la campagne, des phares et des nus. Quand il fait beau il va
sur place, soit il dessine, soit il prend des photos, et il termine
toujours ses toiles en atelier et plus particulièrement la nuit.
Jean-Claude
VIOLA peint essentiellement à l'huile et au couteau avec beaucoup
de matière. Il a l'impression de sculpter, ce qui donne beaucoup de
profondeur à ses oeuvres. Aujourd'hui, les pincements au cœur quand ses
tableaux partent chez un client, qu'il soit français, anglais,
hollandais, italien, suisse ou allemand font partie du passé. La seule
chose qui le motive quand il commence une peinture, c'est d'avancer, de
la faire évoluer et de progresser.
Si vous passez en
Charente-Maritime, et qu'un petit vélo rose accroché au bord de la
route vous interpelle, n'hésitez pas, c'est là. Jean-Claude VIOLA se
fera un plaisir de vous accueillir sur rendez-vous.